Posé sur les bords de l’Adriatique, ce petit pays des Balkans regorge de merveilles naturelles et architecturales. Partons à la découverte du Monténégro, marqué par les influences ottomanes et vénitiennes, dont la nature sauvage et l’accueil de ses habitants vous laisseront un souvenir inoubliable.
Posé sur les berges de l’Adriatique, entre la Croatie et l’Albanie, le Monténégro est un condensé de nature sauvage. Son littoral bien sûr; 300 km de côtes où alternent plages de sable blanc et criques aux eaux cristallines. Ses villes historiques telles que Herceg Novi, Budva et bien sûr Kotor, nichée au fond des bouches du même nom.
Fondée par les romains, puis sous domination vénitienne pendant plusieurs siècles, son architecture remarquable lui valut d’être classée au patrimoine de l’Unesco en 1979. Pour se rendre compte de la beauté des lieux, il faut emprunter la « route serpentine » qui, en 25 virages nous emmène sur les hauteurs pour une vue époustouflante, au coucher du soleil, sur les bouches de Kotor. En continuant cette route on arrive au Parc National de Lovćen au sommet duquel est posé le mausolée de Petar II Petrović-Njegoš, prince-évêque, philosophe et poète monténégrin. Depuis ce lieu majestueux une vue à 360° s’ouvre alors sur la Croatie, la Bosnie et l’Albanie. On découvre ainsi la beauté brute du Monténégro.
Couvert pour moitié de forêts, ce petit pays, à peine plus grand que l’Ile de France, a su préserver sa nature avec ses 5 parcs nationaux dont Le parc du Durmitor, au centre du pays. Imposant massif Karstique traversé par le deuxième plus grand canyon au monde (après celui du Colorado) au fond duquel coule la Tara dont les eaux tumultueuses sont le paradis du rafting. Au sud, formant la frontière avec l’Albanie et le Kosovo, le parc des Prokletije est le royaume des aigles, des ours et des loups.
Non loin de là, le lac de Skadar fait le bonheur des ornithologues. Lieu important de migration, on peut y observer l’emblème du lac, le pélican frisé mais aussi des ibis, des aigrettes, des vautours fauves et même l’aigle impérial. Près de 300 espèces vivent en toute quiétude sur les 400 km2 du lac. Les levers de soleil y sont majestueux.
Bien que la beauté de la nature soit une évidence au Monténégro, il ne faut pas négliger le patrimoine culturel et historique du pays.
Outre les villes déjà citées, Cetinje, adossée au mont Lovćen, fut au début du 20ème siècle la plus petite capitale du monde. Ville royale, on y trouve ici le palais du prince Nicolas 1er, mais aussi l’un des plus beaux monastères du Monténégro, construit au début du 17ème siècle sur les ruines de l’ancien, détruit par les turcs, quelques années plus tôt.
A très grande majorité orthodoxe, le Monténégro regorge de monastères d’une grande beauté tels que ceux de la Morača, de Piva ou de la Sainte Trinité. Mais le plus remarquable de tous est certainement le monastère d’Ostrog. Taillé à même la falaise, dominant la vallée, il fut fondé dans la deuxième moitié du 17ème siècle. Il est dédié à St Basile, dont les reliques sont gardées dans la chapelle où il repose. Lieu réputé pour ses guérisons miraculeuses et pour adoucir les soucis de la vie, des milliers de croyants de confession orthodoxe, catholique mais aussi musulmane, viennent ici en pèlerinage soulager leurs maux. Le soir venu, les pèlerins étalent les matelas mis à leur disposition sur le parvis du monastère et s’installent en famille pour la nuit. Le visiteur de passage est le bienvenu.
Mais cette description du pays ne serait pas complète sans évoquer les monténégrins. Ces grands gaillards à la voix puissante et au regard franc aiment le contact avec autrui. Dans ce petit pays, la tradition orale est importante. On parle, on échange et on accueille le voyageur amicalement autour d’un verre de rakija, une puissante eau de vie artisanale. Le monténégrin est curieux des autres.
Du temps de la Yougoslavie, le Maréchal Tito eut la malicieuse idée de délivrer des passeports à qui voulait voyager. Les monténégrins ont ainsi développé un rapport à l’autre fait de curiosité et de cordialité.
Bien que faisant partie du bloc de l’Est, Tito s’était vite affranchit de la mainmise de Moscou, s’attirant les foudres de Staline. Mais il tint bon.
De l’extérieur il donna à voir un pays où la vie était douce et les anciens parlent encore du Maréchal avec émotion. Les «Yougonostalgiques» sont encore nombreux.
En Yougoslavie les monténégrins ont toujours eu la réputation d’être des gens plutôt indolents, fiers d’être considérés comme des artistes, des penseurs ou des poètes. Cette réputation est toujours d’actualité.
Les « dix commandements monténégrins » donnent d’ailleurs un bon aperçu de leur état d’esprit.
« Tu aimeras ton lit comme toi-même »
« Le travail apporte la maladie – Tu ne mourras pas jeune »
A la mort de Josip Broz Tito, tout s’effondra. Vinrent les déchirures et le chaos que l’on sait.
Après les années sombres, le Monténégro renaît petit à petit. Tout n’est pas encore parfait. L’économie est faible, les salaires bas, mais le pays gagne de plus en plus en popularité grâce à son climat ensoleillé, à ses eaux turquoise, ses extraordinaires paysages, sa nourriture généreuse et la cordialité de ses habitants.
Crna Gora (les montagnes noires), comme les monténégrins aiment appeler leur pays, mérite bien sa réputation de « Perle des Balkans ».