Le 'CCU' aux arrêts, de rigueur.

Cher Public,

En cette étrange période de temps arrêté, comme suspendu, où chacun se retient sur le pas de sa porte et reste sur le seuil, nous voudrions maintenir avec vous un lien chaleureux et vivant, par-delà la distance. Les rues calmes et désertées, les devantures baissées, des files devant les supermarchés. Toute la ville est changée.

Nous ne pouvons vous accueillir rue Rouge, le CCU est vide comme un bateau immobile, en attente d’une nouvelle brise, d’un nouveau cap... mais nous pensons à vous, immobilisés chez vous.

Et pourtant dans le retrait que nous connaissons, tant de choses se disent et se vivent, quelque chose de nous est révélé, à coup sûr! Peut-être d’abord cet âpre désir du quotidien, la liberté de mouvements, l’organisation de notre temps. Nous n’aimerions rien tant que retourner à la normalité, soudain elle devient ce qu’il y a de plus sacré et nous mesurons son prix, bien que nous ne sachions pas vraiment en quoi elle consiste.

En ces temps de contagion et de confinement, nous sommes tous renvoyés à nous-mêmes. Et que peut le théâtre? Les lieux de spectacles ont été parmi les premiers touchés par les fermetures. C’est qu’ils sont sans doute par excellence des lieux sociaux, où une société joue et se joue.

Au CCU, nous continuons, à distance les uns des autres, à imaginer et construire la prochaine saison et l’accueil des artistes à venir. Nous pouvons faire que le théâtre et ses images se prolongent dans nos esprits, notre rêverie ; ils nous appartiennent. Les spectacles savent exister encore longtemps après la représentation.

C’est cela que nous nous attachons à perpétuer et à entretenir, jour après jour. 

A chacune, à chacun de vous, cher Public, dont le regard nous manque chaque soir à l’heure où démarre le spectacle, l’équipe du CCU envoie ses souhaits de vous retrouver bientôt pour un théâtre insolent et en fête ! A celles et ceux qui sont malades, ou inquiets pour leurs proches, ou trop seuls – nous voudrions leur dire la force de la bienveillance qui circule plus vite et mieux que tout virus.
Chaque soir, à 20h, quand les applaudissements s’élèvent de vos balcons, nous sommes émus – de cette solidarité muette, de ce signe envoyé aux personnels soignants en leur absence, de cette adresse au silence. Comme un acteur qui saluerait une salle vide. Un geste de gratitude que l’on jette au vent.

« Jusqu’à nouvel ordre !»
Ce pourrait être notre  nouvelle devise! Et c’est avec ce mot qui allie, force, courage et patience, que nous vous donnons rendez-vous le mois prochain - ou celui d’après ? – en tout cas, dès que votre liberté et la nôtre pourront à nouveau coïncider et se retrouver, 47 rue Rouge.
 

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