Edito d’art novembre 2018. La fête continue. Et l’art sera à l’honneur. Littérature, chant, sculpture, théâtre.

Nous ferons encore la fête en ce mois de novembre au CCU, cette fois en mettant les artistes à l’honneur, notamment en ouvrant avec eux une troisième expo sur les 60 ans du CCU, montrant des affiches des activités et spectacles depuis 1958 et des photos d’artistes ou de personnalités du monde de la culture qui ont fait vivre le Centre Culturel d’Uccle depuis ses origines !

Ce retour en arrière dans nos archives est une mine suscitant des oh, des ha, des ‘et cela aussi’… Tant de célébrités d’ici et d’ailleurs sont venues au CCU, des Trénet, Salvador, Devos, des Brel, Béjart ou Anny Cordy, des Jacques Lippe, Christiane Lenain, Jean-Pierre Loriot hier, des Daniel Hanssens, Pascal Racan, Laure Godisiabois aujourd’hui, des Claude Brasseur, Michel Bouquet, Brigitte Fossey, Marie-Christine Barrault, Jacques Weber ou Francis Huster, et nos Jacqueline Bir, Alexandre von Sivers, Alain Leempoel, Eric-Emmanuel Schmitt, et tant d’autres,  des groupes folkloriques en veux-tu en voilà, venant d’Afrique, d’Asie, de Russie, du Moyen-Orient, de nombreux pays d’Europe, faisant découvrir au public toutes ces danses, ces costumes, ces chants d’autres cultures. Et ce sans compter les conférenciers, philosophes, scientifiques ou politiques tels Michel Serres, Christian de Duve, Valéry Giscard d’Estaing, Alain Hubert, les bédéistes Jean Van Hamme, Jean Duffaux, Yves Sente, Hermann, Bob de Groot, Godi, Jannin..., ou autres artistes comme Thierry Bosquet, Isabelle de Borchgrave, Ferdinand Pire Ferdinand, Philippe Decelle, ou encore les nombreux street-artistes exposés au CCU ! La liste est longue. Un vrai kaléidoscope ! En citer quelques-uns est très injuste vis-à-vis de tant d’autres mais notre exposition vous en dira bien plus. Venez donc la découvrir. Elle sera, gageons-en, source de plaisir et d’émotions.

L’amour, forme sublime de l’émotion. C’est le moteur de l’incomparable et étonnant échange épistolaire entre deux monstres sacrés de la littérature: la belge Dominique Rolin (qui, enfant, fut uccloise) et le français Philippe Sollers. Un amour immédiat, né en octobre 1958 entre une femme de 45 ans et un jeune homme de 22 ans, amour que rien n’arrêtera, ni la distance, ni le mariage de Sollers, ni le temps qui passe. Dominique Rolin s’est éteinte à 98 ans en 2012, sous la protection toujours attentive de Sollers. Elle laisse un œuvre passionnante et passionnée, dont ces milliers de lettres magnifiques à Sollers, appelé Jim, évoquant aussi le contexte politique du moment ou livrant des portraits de personnalités en vue. Jean-Luc Outers, autre auteur talentueux, en a sélectionné et annoté 242 pour ce premier tome couvrant les années 58 à 80 et qui paraît chez Gallimard. Il les présentera et commentera cette aventure unique lors d’un Enlivrons-nous le 13/11.

Littérature encore avec une œuvre culte de Romain Gary, autobiographique, « La Promesse de l’aube », où il raconte cet amour inconditionnel, dévorant mais aussi stimulant, d’une mère- la sienne- pour son fils, qui deviendra un homme célèbre comme elle l’avait voulu, sans doute aussi parce que ce fils adulé aura tout fait pour ne pas la décevoir. Marqué à vie par cette relation, Gary écrira « On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné ». C’est avec une humilité et une simplicité confondantes que Michel Kacenelenbogen incarne l’auteur, et nous livre cette vie, les sentiments amusés, gênés ou admiratifs, qui l’animent au fil de cette relation unique avec cette mère ambitieuse, qui a toutes les audaces pour faire de lui ce héros dont elle rêve. Du grand art ! A voir le 29/11.

Ce flash sur les femmes auteurs, inspiratrices, artistes, mettra aussi en lumière Camille Claudel, le 27/11. Dans une mise en scène originale de Nele Praxinou, l’âme de la formidable compagnie Les Baladins du Miroir, François Ost rend hommage à « Camille » par cette pièce sensible et intelligente. L’amour à la folie de Camille Claudel pour son art, pour Rodin, son maître, et pour la liberté la perdra. Née fin 1864, sa vocation pour la sculpture se manifeste dès ses douze ans. Si son père la soutient et la présente à son premier professeur le sculpteur Alfred Boucher, sa mère s’oppose fortement au choix de sa fille. C’est elle qui, dès le décès du père, décidera avec son fils Paul, le diplomate et poète, de faire interner Camille, pour folie, en 1913. Bien que plusieurs de ses lettres témoignent d’une grande lucidité de l’artiste, elle mourra enfermée en 1943, voici 75 ans. Muse et maîtresse de Rodin de 1886 à 1893, celui-ci tentera de la soutenir après leur séparation et reconnaîtra son art « Je lui ai montré où trouver l’or, mais l’or qu’elle trouve est bien à elle ».  Belle, douée d’un talent qu’il faut qualifier de génie, Camille Claudel laisse à la postérité des œuvres exceptionnelles, telle « La valse ». Après ce spectacle, qui lui rend hommage, courez dans les musées.

C’est un voyage plus reculé encore dans le temps, en musique cette fois, qui vous est proposé avec « Les Fruits du Monde » le 16/11. Ce cabaret baroque, tout en grâce, illustre la vie d’un castrat, le seul dont on possède l’autobiographie. Avec l’élégance, l’expérience, la poésie et le goût du beau qu’on lui connaît, le contreténor Dominique Corbiau conte, chante, danse et redonne vie et voix à ce chanteur oublié, qui se produisit dans divers pays d’Europe au début du XVIIIe siècle, sur des airs de Vivaldi, Scarlatti ou Händel. Une bien charmante manière d’aborder la période des fêtes.

Jacqueline ROUSSEAUX

Présidente du CCU

Restez informé !

Pour recevoir notre newsletter:

Wolvendael Magazine

lire le magazine en ligne

LA SAISON
< jan 2019 >
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
01 02 03 04 05 06
07 08 09 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31
Cerise du Gâteau

La programmation est en ligne!
>> Lire la suite