On connaissait Armel Job, l’écrivain à succès. Grâce à "L’évasion de Socrate" ce 9 mars, on découvre l’auteur de théâtre. Et c’est sous forme de comédie légère et en des termes très actuels qu’il a décidé de parler du grand philosophe (+/- 470-399 av. J.C.) et de faire réfléchir à la vie, à l’amour, à la mort, aux lois des hommes, à l’ordre établi. Au lieu de boire la cigüe, peine à laquelle Socrate a été injustement condamné, ses proches lui proposent de s’évader… Une fois de plus, voilà une soirée des Universités Populaires du Théâtre qui va faire tourner les idées. C’est gratuit. N’hésitez donc pas.
 
Avec "Dialogues des Carmélites", une pièce basée sur des faits historiques et véritable testament spirituel de l’auteur engagé Georges Bernanos (1888-1948), c’est un autre regard qui se pose sur la mort, sur l’injustice, sur la barbarie. Sur la vie aussi et le sens que l’on peut donner à celle-ci, comme à la mort. Sur la peur et la manière de la traverser. Pendant la Révolution française, dès 1789 le clergé sera attaqué. Au fil des mois, les mesures s’accumulent. Tous les ordres monastiques et congrégations religieuses sont dissous, les vœux prononcés déclarés nuls. Dès 1792, les Carmélites de Compiègne, pressentant une issue fatale, décident que la communauté s’offrirait en holocauste pour que cesse la Terreur. Deux ans plus tard, le 17 juillet 1794 elles sont condamnées à mort et le jour même, devant une foule impressionnée, c’est en chantant et en robe blanche que les 16 carmélites montent à l’échafaud et affrontent la guillotine. La Terreur prendra fin le 28 juillet 1794 avec l’exécution de Robespierre et de ses alliés. Grâce à la troupe lyonnaise du Théâtre de l’Arc-en-ciel, cette pièce, qui était entrée dès les années 50 au répertoire de la Comédie française, reprend vie 70 ans après sa conception. Elle sera en exclusivité au CCU le 14/3. Si Hippolyte Wouters, auteur de "La Proposition", nous invite le 17/3 à un face-à-face entre Alexis de Tocqueville et Madame Récamier en avril 1849, au soir de la vie de celle-ci, la conversation qu’ils mèneront devant nous est un subtil mélange de propos qu’ils ont tenus à un moment ou à un autre et de dialogues imaginaires. En tout cas, ils se sont connus, fréquentés et appréciés. Tocqueville avait des aïeux et parents prestigieux, descendant de Saint-Louis et de Malesherbes, mais encore neveu de Jean-Baptiste de Chateaubriand. Malesherbes comme JB de Chateaubriand furent eux aussi guillotinés sous la Terreur. C’est François-René de Chateaubriand, l’écrivain et frère de Jean-Baptiste, qui introduisit le jeune Alexis chez Juliette Récamier en 1836. Tocqueville est alors juriste, âgé de 31 ans et la parution de son premier volume "De la Démocratie en Amérique" a fait sensation dans le monde politique et littéraire. Ses idées sont libérales et presque républicaines. Dès 1839, il entame une carrière politique et devient député. Plus tard il participe à la rédaction de la Constitution française de 1848. Il y défend, entre autres, l’élection du président de la République au suffrage universel. La coïncidence de la date de la représentation choisie par l’auteur avec les élections françaises n’est en rien fortuite. Et le fait que le célèbre éditorialiste politique Christophe Barbier (et auteur du Dictionnaire amoureux du Théâtre) endosse le rôle de Tocqueville ajoute sans doute du piquant à l’affaire…
 
Avec "Après le crime" le 21/3 et les jours suivants, il ne s’agira ni de faits historiques, ni de cigüe, ni de guillotine, mais bien de la pure imagination d’un maître de l’intrigue policière: le britannique Francis Durbridge (1912-1988). On ne compte pas les feuilletons radiophoniques, les pièces policières pour le théâtre, les téléfilms et les romans dont les héros sont issus de l’imagination de cet auteur, mais dont l’action tourne toujours autour de suspenses, de mystères, de secrets, d’aventures policières ou d’espionnage. Paul Temple et Tim Frazer étant ses personnages clés. Dans "Après le crime", il inverse l’intrigue. D’emblée, on connaît l’assassin, mais son acte sera-t-il un crime parfait? En tout cas, avec pour interprètes les acteurs de la Comédie de Bruxelles, on sait que l’on ne s’ennuiera pas!
 
"Amok", publié en 1922, sera le premier succès de Stefan Zweig. Ici encore, la mort rôde. Cette étrange nouvelle fit l’objet de 5 films. Elle nous plonge dans l’ambiance de la forêt malaisienne et des relations troubles entre un médecin qui se sent humilié et sa fière patiente, qu’il refuse d’assister. La voici au théâtre, adaptée et jouée par Alexis Moncorgé, le petit-fils de Jean Gabin, qui obtint avec ce spectacle le Molière de la révélation masculine de l’année 2016. A voir en exclusivité le 19/4 au CCU.
 
Voici trente ans, en 1987, disparaissait la grande, l’immense Marguerite Yourcenar. Quoi de plus naturel que de célébrer cette impressionnante, cette étonnante personnalité, ce talent littéraire hors mesure? Et qui mieux que Marie-Christine Barrault pour ce faire dès lors que, depuis plusieurs années, elle sert avec bonheur l’œuvre de l’écrivain. Ne manquez pas le 21/4 au CCU sa présentation de quelques "Nouvelles Orientales", ces écrits d’autant plus intéressants à découvrir qu’ils font apparaître Yourcenar sous un nouveau jour, Yourcenar l’amoureuse, la sensuelle. Ensuite, Marie-Christine Barrault nous dira sa perception de celle qui fut la première femme à entrer à l’Académie française. Un moment privilégié!
 
Jacqueline ROUSSEAUX
Présidente du CCU

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