Edito d’Art. Juin. Cinéma, street art, théâtre : « c’est du belge » !

 « La belge histoire du festival de Cannes » de notre compatriote Henri de Gerlache, sélectionné à Cannes dans la catégorie documentaire, nous apprend que ce festival, qui fête aujourd’hui ses 70 ans, a failli être créé à Ostende. D’une plage à l’autre, c’est Cannes qui fut choisie, un hôtelier et un financier avisé ayant été particulièrement généreux au moment décisif. A quoi tiennent les choses ! Depuis, 120 films belges furent sélectionnés pour ce grand rendez-vous cinématographique. Le premier belge à y avoir reçu une palme fut Raoul Servais.

Le cinéma belge a, on le sait, un ton qui lui est propre. Souvent s’en dégage une vision décalée du monde, une folie ou une poésie à nulle autre pareille.  « Mon Ange » de Thomas Gunzig et Harry Cleven, en est une jolie illustration. Ce film, qui sort en salle ces jours-ci, raconte l’histoire d’un bébé né invisible. En grandissant, il devient vite amoureux d’une aveugle, qui partage ses sentiments. Mais un jour, elle lui annonce qu’elle va retrouver la vue…On devine le côté onirique et poétique du sujet. Le 19/6, nous vous proposons d’assister à la projection du film, en présence d’Harry Cleven, coscénariste et réalisateur, de Juliette Van Dormael, directrice de la photographie et de son père Jaco, coproducteur. Ils vous raconteront l’histoire de l’écriture du film,  les coulisses du tournage, celles de la production. Bref, à Uccle, comme à Cannes !

Voici quelques jours, les festivaliers ont fait une ovation à Agnès Varda, 88 ans, qui cosigne « Visages, villages » le film qu’elle vient de réaliser avec JR, 33 ans, JR le roi du street art, qui colle les photos géantes de villageois sur des murs, voire sur des bâtiments emblématiques, tels le Panthéon ou la Pyramide du Louvre.

Plus que jamais le street art est à l’honneur et outre les rues et les lieux « cultes », il se déploie dorénavant dans les galeries. Le street art s’embourgeoise ! Comment désormais le distinguer d’autres formes d’art ? C’est une question d’état d’esprit, de matériaux, de technique picturale, de style. Le street art se « sent » plus qu’il ne se définit. Apprécié ou détesté, il est devenu incontournable. Du 8 au 22 juin, nous organisons donc au CCU avec le collectif Propaganza une grande exposition d’art urbain, VAPORS 2.0, avec 30 artistes.  Le vernissage, ouvert à tous le 8/6, sera un véritable happening : live-painting et ambiance musicale en présence de nombreux artistes.

Le 27/6, changement d’ambiance avec « L’Abdication ». William Cliff est probablement le plus grand poète de Belgique francophone, voire de la francophonie internationale. Son talent a été salué par de nombreux prix prestigieux. « L’Abdication » est une pièce en vers qu’il nous livre comme un souffle de compassion envers un Roi qui fut incompris par nombre de nos concitoyens, alors qu’autant d’autres le défendaient avec reconnaissance. Aujourd’hui encore, le sujet fait débat dans les familles. Cliff propose au spectateur de s’arrêter un instant et de prendre la peine d’écouter son propos, de se mettre dans la peau de ce Souverain, qui comprend la menace qui pèse sur ce pays qui est le sien et qu’il a juré de protéger et de défendre, de comprendre les choix difficiles auxquels il fut confronté et de mesurer le poids de la responsabilité qui pesait sur ses épaules. La pièce met en scène le Roi Léopold III face à son aide de camp, le Général Van Overstraeten, lequel laissa des mémoires dont s’inspira le poète. Elle nous conduit des prémisses de la guerre 40-45 à l’abdication du Roi. Un texte écrit dans une langue magnifique, au rythme si personnel à l’auteur que l’on en prend rapidement la respiration, laquelle accompagne, voire guide, notre réflexion. Les comédiens Julien Coene et Dominique Rongvaux économisent leurs gestes pour laisser toute la place au propos et à la gravité de la situation. L’élégance raffinée et la sobriété du décor ajoutent indéniablement une grâce tragique au spectacle, intelligemment mis en scène par Benoît Blampain. A voir !

Le même Benoît Blampain que nous retrouverons le 19/9, mais comme comédien et accompagné du chanteur Simon Fosséprez, pour « Quelques fleurs maladives », un étonnant mélange des « tubes » de Baudelaire et de ceux du rock,  autour de la difficulté d’aimer. Une lecture-concert qui promet !

D’ici là, n’oubliez pas de vous réabonner à la saison Ciné-Club et à celle des Petits-déjeuners Exploration du Monde. La date pour les seuls réabonnements à la saison Omnithéâtre 2017-2018 expire ces jours-ci. Dès le 6 juin nous accueillerons avec plaisir les nouveaux abonnés et même si notre billetterie ferme en juillet, vous pouvez désormais réserver vos places en ligne via notre site à votre disposition 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Pas de sommeil pour la culture !

Bonnes vacances à toutes et à tous.

Jacqueline ROUSSEAUX
Présidente du CCU

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